Trouver des mots quand aucun n'est à la hauteur de ce que l'on ressent est bien difficile.

La vie n'est jamais ce que l'on en attend, la vie est une série d'embûches, la vie nous malmène, la vie nous tue.

Je suis triste, je suis révoltée, je suis déprimée. Et je n'ai pourtant pas le droit de me plaindre, je m'en sors bien dans cette loterie. Une étoile de plus brille dans le ciel depuis hier et ça me révolte. Il n'y a pas de mots sur ces maux là.

Je ne suis plus aussi forte qu'avant. Je suis en vie, oui, mais plus comme avant. C'est comme si la greffe avait laissé des séquelles irrémédiables sur mon corps (c'est un fait) mais sur mon esprit aussi. Avant ma greffe, je ne me suis jamais sentie aussi fragile, je ne me suis jamais sentie aussi perdue. Je cherche qui je suis, je cherche depuis trois ans. Je n'ai pas encore trouvé. Peut-être ne suis-je plus rien. Mon passé m'empêche de devenir tout à  fait une autre mais il m'empêche aussi de rester celle que j'étais, celle-là, je la connaissais.

Je dois apprendre à faire ma route, seule, obstinément, pas à pas.

Je dois trouver mon chemin dans ce monde qui ne rime à rien.

Je ne fais qu'avancer mais pour aller où ? Même cet article a des relents de déjà vu...

Je tourne en rond dans mon bocal à la différence que ma mémoire n'a rien de celle d'un poisson rouge. Je n'oublie rien et pourtant j'aimerais tant oublier. Je n'oublie rien, ça me rend incapable d'avancer ou du moins de tourner la page, de passer à autre chose, à une autre vie. Mais quelle vie ?

Celle où l'on se bat au quotidien pour faire semblant d'être heureux ? Celle où on fait croire à ceux qu'on aime que tout va bien ? Celle où on peut mourir en quelques jours parce que c'est ainsi, ce n'est pas le destin, ce n'est pas Dieu ou Diable, c'est juste ainsi et incroyablement injuste.

Fait chier la vie.