Alors voilà, pour une fois ce post ne sera pas consacré à ma santé, bien que quels que soient les sujets abordés, de près ou de loin, Mme Muco, formate, impose, influence.

Soit.

Aujourd'hui je suis plutôt dans la situation que d'aucuns d'entre vous ont dû rencontrer un jour : ma fille est une ado... Sisi, déjà !

La cohabitation mère/ado n'est semble-t-il pas toujours simple et je crois que je n'ai pas trop à me plaindre : elle est plutôt sympa mon ado. Mais moi, est-ce que je suis vraiment une bonne maman ? Est-ce que j'arrive réellement à lui apporter tout ce dont elle a besoin ? Est-ce que je prends suffisamment en compte son handicap sans trop focaliser dessus non plus ? Est-ce que je suis à la hauteur pour apporter à mon petit zèbre tout ce dont il a besoin ?

Ma miss est fibromyalgique. Ma miss est une enfant précoce qui du haut de ses 13 ans tout juste, termine son année de 3ème. (L'an prochain au lycée ??? Non mais, elle, peut-être, mais moi je ne suis pas prête !!!!) Alors oui, elle est comme toute ado : parfois rebelle, parfois tête en l'air, souvent maladroite voire malhabile (Gaston quoi, mais enfin elle fait ce qu'elle peut avec sa dyspraxie), parfois un tantinet agressive, parfois "je m'en foutiste"... Mais elle est aussi câline, attentionée, hypersensible, attachante, souriante, positive quoi qu'il arrive, empathique...

Elle a mal ma minette, tout le temps, à des degrés plus ou moins supportables, et en toute honnêteté, je ne sais pas quoi faire. Parfois je m'énerve contre elle mais c'est à moi que j'en veux parce que je ne sais pas comment réagir. Quand les esprits s'apaisent, je m'excuse, je lui explique, elle me pardonne, enfin je l'espère. La vérité, c'est que je ne me serais jamais imaginé vivre ce rôle inversé et être à mon tour parent d'enfant malade.

Commet fait-on pour savoir qu'on ne passe pas à côté ? Comment fait-on quelle part l'impact de ma p***** de maladie a eu dans sa vie à elle ? Suis-je passée à côté de quelque chose ?...

Je grogne, souvent. Je crie, parfois. Je fais des câlins, beaucoup. Nous parlons toutes les deux : de tout, enfin, tout ce dont elle veut bien parler avec moi, je ne suis pas dupe à ce point ^^ Mais j'essaye d'être là, autant qu'elle peut en avoir besoin et pourtant je sais que parfois je rate le coche, j'ai "autre chose à faire". Sottise ! Sans en faire une "enfant-reine", quoi de plus important que d'être là pour nos enfants ? Passer du temps avec eux ? Leur montrer que la vie est belle, quels que soient les obstacles, quelle que soit sa durée.

Ma fille sait que je ne suis pas éternelle, ça c'est un scoop, mais elle sait surtout que mon espérance de vie est limitée. Elle en est consciente mais nous nous donnons des défis parfois : je suis censée m'occuper de mes petit-enfants quand elle sera trop prise par son travail :-) En fonction des études qu'elle entreprendra, ça peut porter à loin cette histoire !!

Et qu'en pense sa petite tête de précoce de tout ça ? Ça carbure sec là-dedans... Suis-je suffisamment armée pour lui apporter ce dont elle a besoin ? Se sent-elle comprise ? Sa pensée en arborescence élabore bien des scénarios qui ne m'ont sûrement même pas traversé l'esprit...

Alors j'écris. J'écris mon impuissance, j'écris mon inquiétude, j'écris mon désarroi, j'écris ma crainte, j'écris aussi et surtout ma joie d'être la maman de la plus extraordinaire personne que je connaisse, juste parce que c'est elle ! (Quoi ? L'objectivité est comprise dans le package maternité non ? ^^)

 

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